Anne

Bonjour à vous tous. Pour le 25e anniversaire de la MFVR, il me fait plaisir de vous raconter une anecdote qui démontre l'importance et la nécessité d'un milieu où l'on peut échanger, faire des activités et se sentir épaulé en tant que parent.

Dans mon cas, je suis une maman adoptante d'une petite fille philippine qui a maintenant presque 3 ans. Elle avait 19 mois quand elle est arrivée au Québec. C'est une petite fille brave et courageuse prénommée Ina. Nous nous sommes apprivoisées, à son rythme, et du coup j'ai apprivoisé également mon nouveau rôle de maman à la maison.

Dans un souci constant de favoriser un attachement le plus sécurisant possible avec Ina, nous avons observé une période de cocooning qui, selon moi, est essentielle dans les 6 premiers mois de la mise en famille de l'enfant. Je cherchais donc un endroit où il était possible de faire des activités parent-enfant. Une halte-garderie n'était pas un besoin pour nous à ce moment puisque je voulais favoriser et construire un lien avec ma fille.

La maison de la famille, avec son personnel dévoué, était donc l'endroit tout indiqué pour faire des ateliers parent-enfant puisque ce genre d'activités y est offert.

Au fil des semaines, ma fille s'est habituée à la routine de l'atelier globe-trotter. Elle s'adapte bien avec la merveilleuse animatrice Christine. Ina reconnaît les lieux et elle semble toujours intéressée par le local de la halte-garderie puisqu'elle entrevoit des trésors de jouets. Je lui dit toujours; tu pourras y aller plus tard, toi et moi nous restons ensemble. Christine nous a préparé de belles activités super amusantes!

Un beau matin, après une heure d'activités tous ensemble, Ina me tire par la main et me signifie clairement qu'elle veut aller dans le local de la halte-garderie. Ô-mon-dieu-que-je-ne-suis-donc-pas-prête-à-la-laisser-là-sans-que-j'y-sois! ( je vous rappelle que je travaille le lien d'attachement et que cela fait environ 4 mois qu'elle est avec nous...)

Ina butinait déjà d'un jouet à l'autre dans la halte-garderie. Elle ne démontrait aucune crainte. Les éducatrices me disaient que je pouvais retourner dans l'autre local, sans crainte, poursuivre l'atelier. Ina a l'air de très bien s'amuser. Je suis restée quelques minutes, cachée derrière le petit rideau à observer ma fille et le moindre signe de détresse sur son visage. J'étais un peu inquiète car je me disais; ça y est le lien d'attachement est bousillé, ma fille est déjà prête à s'éloigner....

Christine, avec ses bons mots et son expérience me dit que au contraire ma fille se sent assez sécure pour explorer son environnement. Je me suis dit qu'il y a un début à tout, malgré mon petit pincement au cœur. Je suis donc remontée à l'étage poursuivre l'activité seule. L'animatrice Christine et moi, avions convenu d'une stratégie : dès le moindre signe d'inquiétude de la part de ma fille, l'éducatrice me ramène Ina. On en fait un évènement positif, on applaudi Ina lorsqu'elle revient et je lui fait un gros câlin.

L'éducatrice bienveillante m'a ramené Ina environ 20 minutes plus tard car elle me réclamait. Tout sourire, Ina s'est précipitée dans mes bras et tout le monde a applaudi ! Ma fille riait, bien heureuse de son exploration à la halte-garderie sans maman!

Je suis une maman qui souhaite donner à sa fille des racines mais aussi des ailes pour explorer le monde avec confiance. Merci à l'équipe de la maison de la famille de m'avoir épaulée dans cette tranche de vie !

Bon 25e anniversaire et longue vie à la Maison de la famille ! Vous faites la différence dans la vie des grands et petits!

- Anne, fière maman de la belle Ina !

Julie Marleau